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(3) Zola, L’Assomoir-Le tableau de la misère

Zola, L’Assommoir, p. 365 « Mais ce fut là le dernier beau jour du ménage [...] à dégoûter du travail » (p. 366) - le tableau de la misère

Extrait du chapitre 10 : Coupeau a été victime d’un accident de travail, il est tombé du toit - toutes les économies du couple ont été dépensées en frais médicaux. Gervaise ne possède plus de boutique parce qu’elle n’a pas pu rembourser ses dettes. Ils ont du changer de logement, et ils viennent d’emménager au sixième étage, sous les toits. Leur misère est grandissante.

Les visages de la misère

La misère et ses fléaux : la faim, le froid et la peur de se retrouver à la rue :
- La faim exprimée avec des expressions populaire (ligne 5 les danses devant le buffet, les dîners par coeur) Questions de vocabulaire :

  • cambuse (ligne 6 dans la petite Sibérie de leur cambuse ? /une maison sale, mal tenue)
  • gredin dans gredin de décembre (ligne 7) /le terme désigne une personne malhonnête : le mois de décembre, le mois le plus rigoureux de l’hiver est personnifié.

- L’écriture de Zola reproduit la langue parlée avec un vocabulaire populaire (ce qui fit scandale à l’époque),
- Rappel de la Préface : « on s’est fâché contre les mots. Mon crime est d’avoir eu la curiosité littéraire de ramasser et de couler dans un moule la langue du peuple ». L’idée de progression dans la misère (chaque malheur en amène un autre toujours pire). Progression dans les malheurs du couple.

progression dans le style :
- relever les expressions, les termes marquant la progression.

  • de plus en plus (ligne 2 deux années s’écoulèrent pendant lesquelles ils s’enfoncèrent de plus en plus) = la situation de Gervaise et de Coupeau s’aggrave.
  • par dessus tout (ligne 15)
  • davantage (ligne 19)

- L’évocation de deux années très difficiles, puis vient l’hiver et surtout décembre qui est le mois le plus redouté, donc à la faim vient s’ajouter un autre malheur, le froid :
  • la petite Sibérie (l. 6) ; des gelées (l. 9) ; des temps humides (l. 10).

- Noter la progression dans la pauvreté entre le premier hiver et le second.
- Noter les éléments qui marquent cette aggravation de la situation dans le texte (le 1er hiver, les Coupeau chauffent parfois leur appartement (ligne 10 : ils firent encore du feu quelquefois) alors que n’est même plus le cas l’hiver suivant (ligne 13 : le second hiver, le poêle ne se dérouilla seulement pa).
- Le poêle est personnifié :
  • sa mine lugubre (l. 14), il est un véritable personnage puisqu’on nous dit qu’il glaçait la pièce, il les glace (l. 14) parce qu’il les démoralise ; ils ont très froid, ils voient le poêle mais ils ne peuvent même pas s’en servir parce qu’ils n’ont pas les moyens de le faire fonctionner. Dans la phase suivante s’ajoute encore un autre souci (l. 15) : le loyer (et la peur d’être expulser de chez soi en plein hiver).

- Le poids des mots :

  • (l. 15 ce qui les exterminait, c’était par-dessus tout de payer leur terme)
  • verbes glacer, casser.

- répétition (l. 16 oh ! le terme). Le drame des fins de mois, du paiement du loyer est présenté de façon soignée, on ressent bien que l’échéance est une catastrophe vécue dans une grande angoisse puisqu’on retrouve plusieurs fois le mot terme : c’était par dessus tout de payer leur terme (l. 16) ; le terme de janvier (l. 17) ; pour payer le terme, ils auraient vendu de leur chair (l. 25) ; c’était le terme qui vidait le buffet et le poêle (l. 26).

Le portrait du propriétaire, M. Marescot :

- noter le contraste entre la situation du couple qui est transi de froid et l’aisance de Marescot (ses vêtements confortables et chauds : couvert d’un bon paletot (l. 20) / des gants de laine. - l’image de la neige qui semble leur préparer un lit sur le trottoir (l. 23 la neige tombait dehors, comme si elle leur préparait un lit sur le trottoir, avec des draps blancs - cela fait ? (la peur de se retrouver sans logement. La menace d’expulsion et la neige ont une valeur de symbolique car ils évoquent aussi l’avenir de Gervaise qui va perdre son logement.

La misère contagieuse :

- la misère s’étend ; elle ne concerne pas seulement l’appartement de Gervaise et Coupeau, mais l’immeuble entier (l. 26 dans la maison entière = l’immeuble des travailleurs)
- un élargissement du tableau (à tous les étages (l. 28) comme s’il y avait une contagion de misère. A partir de la ligne 28 on a plusieurs références à la souffrance et à la mort :

  • une lamentation montait (l. 27)
  • le verbe pleurer (l. 27),
  • une musique de malheur (l. 28), et enfin
  • le substantif mort (l. 27 si chacun avait eu un mort chez lui), = cette angoisse du paiement du loyer est comparée à un deuil et à une mort. Cette image se précise avec l’air d’orgues (l. 30) donc une référence explicite de l’enterrement. Cette comparaison frappante nous amène aux références de la fin du monde, payer le terme chaque mois c’est l’Apocalypse des pauvres : un vrai jour du jugement dernier (l. 31) ; la fin des fins (l. 32).

- Noter la progression (d’abord la faim - le froid - les menaces d’expulsion - la mort - la fin du monde) - depuis le début du texte jusqu’à la fin de ce paragraphe.

La misère comme un engrenage qui mènent les hommes aux pires échéances.

La misère comme fatalité ?

- à partir de la ligne 33 : l’auteur se contente d’exposer des faits, sans aucune explication, sans commentaire. Quels mots pour dire l’horreur et la misère. Ligne 36 : sans doute les Coupeau devaient s’en prendre à eux seuls ou la question de responsabilité de Gervaise et Coupeau.
- Ligne 37 : l’existence a beau être dure, on s’en tire toujours : l’opinion de qui ? Celle des Coupeau ; Zola exprime les pensées des personnages. On le devine au vocabulaire, c’est un langage parler qui est reproduit ici.
- L’opinion du peuple = une volonté d’absence de la part du narrateur (ex. : l’emploi du pronom on ne fait que transcrire le point de vue des personnages, ceux de Gervaise et Coupeau). Un cri contre la misère, l’injustice sociale :
- éléments personnels de la vie de l’auteur qui connut des difficultés financières).
- Une prise de conscience et des mesures contre les logements insalubres, trop exigus, des salaires insuffisants.
- La société bourgeoise visée ? Les propos de Zola : « mes personnages ne sont pas mauvais, ils ne sont qu’ignorants et gâtés par le milieu de misère où ils vivent ».


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par Martine - le 11 mai 2003 -


  • (3) Zola, L’Assomoir-Le tableau de la misère, le 19 avril 2009, par gn

    Le terme signifie le loyer...



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